L’idée de regarder sous le sommet n’est pas neuve. Le 25 mai 2004, le glaciologue Christian Vincent, du Laboratoire de glaciologie et géophysique de l’environnement de Grenoble (LGGE), avait sondé la calotte au radar. Il situait alors le sommet rocheux à 4 792 m, décalé d’une quarantaine de mètres à l’ouest du sommet neigeux de l’époque.
En 2026, pour la première fois, les Géomètres-Experts voient eux-mêmes sous la glace, avec leur propre protocole. En croisant la surface mesurée par drone et la profondeur mesurée par le géoradar, le socle rocheux a pu être modélisé lors de cette expédition. À l’aplomb du sommet neigeux, la glace atteint 24 m d’épaisseur. En travers de l’arête, elle varie d’environ 30 m sur un versant à 20 m sur l’autre.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le sommet que l’on foule n’est donc pas posé à la verticale du sommet rocheux. Le long de la crête, le point le plus haut du rocher modélisé culmine à 4 789,40 m, sous 16 m de glace, à 83 m du sommet neigeux.
Entre les deux, le rocher reste presque plat : c’est la glace, sculptée par le vent, qui dessine le point culminant.
Et l’histoire n’est sans doute pas finie. Le point le plus haut du rocher modélisé se trouve en bordure de la zone sondée, et le rocher pourrait continuer de monter au-delà, ce qui rejoindrait la valeur de 4 792 m relevée en 2004.
« Le mont Blanc de glace » et « le mont Blanc de pierre » ne sont donc pas au même endroit.

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